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Publié le 27 mai 2021

Ma première chasse au dindon

Par Jade Cabana

Après un rendez-vous manqué en 2020 suite aux mesures d’urgence liée à la COVID-19, je me suis reprise cette année pour mon initiation au dindon. Voici un résumé de cette première expérience haute en couleur.

Le tout commence le 12 mars dernier lorsque je débute mes préparatifs avec le cours Biologie et chasse du dindon sauvage au Québec donné par la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec.

Cette attestation de formation pour la chasse au dindon sauvage, jointe à mon Certificat du chasseur, me permettra d’acheter le permis requis pour pratiquer cette nouvelle passion. Le cours est offert en salle ou en ligne. Il est d’une durée approximative de 6h (je l’ai fait en 3h) et coûte 75,52$ taxes incluses (en 2021). Très intéressante, cette formation reste même disponible après l’examen (qui se décline en tests à chaque module), ce qui nous permet de retourner à notre guise pour revoir les contenus après le cours. Une fois le cours réussi, une carte d’attestation de formation vous est envoyée par la poste.

Avec la carte en main, j’étais désormais prête à acheter mon permis et à m’équiper pour le dindon. Car le dindon, ça demande quand même pas mal d’équipements :

  • Des appeaux
  • Des appelants
  • Une tente/système de dissimulation
  • Des cartouches adaptées (pour le fusil)
  • Un support de tir (idéalement)
  • Des jumelles
  • Un transporteur à dindon (très pratique)

Côté appeaux, j’ai décidé de m’équiper avec une grande diversité puisque le dindon possède une excellente mémoire auditive. Il n’est pas rare d’entendre un chasseur de dindons mentionner qu’un de ses appeaux est « brûlé » suite à un tir manqué ou à une détection par le gibier. L’avantage de posséder divers appeaux est également de varier, dans une même séance de chasse, ses appels et ses tonalités afin de recréer des scénarios crédibles.

Pour ma chasse 2021, j’ai fait l’acquisition de diaphragmes, d’ardoises, d’une boîte à dindon, d’une carte Cocall dindon et, plus tardivement, d’un gobbler (pour imiter le cri du mâle). J'ai pratiqué de longues heures avec ces outils (surtout les diaphragmes) dans les 2 mois précédant ma chasse. J’ai également fait énormément d’écoute de vidéos et d’émissions de chasse pour bien comprendre la sonorité des dindons et leur tempo.

Quelques semaines avant le début de mon expédition, j’ai fait mon devoir de chasseuse en allant pratiquer mon tir et mon patronage. Pour ce faire, je me suis procuré des cartouches destinées à la chasse au dindon pour mon calibre 12 full choke (3 pouces, #5) et j'ai fait imprimer des cibles appropriées (vous pouvez également en trouver directement chez Latulippe).

Le but du patronage est de s’assurer de l’exactitude de son arme, mais également d’évaluer sa distance idéale de tir. De manière générale, pour l’arme à feu, on recommande un tir à l’intérieur d’une distance de 30 m. Toutefois, après plusieurs essais, j’ai déterminé que ma distance maximale de confort était de 25 mètres. À cette distance, je m’assure qu’une quantité suffisante de plombs atteigne la cible et garantisse une récolte éthique et rapide. Plusieurs études balistiques démontrent qu’un minimum de trois grenailles doit atteindre avec force les vertèbres ou le cerveau pour garantir la récolte. Dans le présent patronage, c’est environ 5 plombs qui ont atteint directement ces deux zones. N’hésitez surtout pas à faire de multiples essais tant sur la distance que sur la marque des cartouches utilisées afin de trouver le pairage parfait avec votre arme.

30 avril 2021 : début de la chasse printanière au dindon 2021

Enfin, le grand moment est arrivé! Après 2 mois de pratique, de lectures, de visionnements et de patronages, je peux enfin mettre mes apprentissages en action.

Dès le vendredi, je me dirige vers les secteurs de chasse où je tenterai de déjouer ce gibier rusé pour la première fois. Contrairement à mes autres chasses, j’ai décidé cette fois-ci de bénéficier de l’expérience d’un ami chasseur de la Team Rack Hunter afin de me guider. Et quelle bonne idée ce fut!

On dit souvent que la connaissance peut s’acquérir par les livres, mais l’expérience, elle, ne peut s’accumuler que par les nombreuses heures passées à interagir avec un gibier. Cette expérience a porté fruit dès le premier matin… ce matin froid et pluvieux du 1er mai 2021.

Avant toute chose, je dois mentionner que la chasse au dindon est un réel marathon! Oui, la chasse au cervidé nous fait vivre le plaisir (ou pas) de se lever aux petites heures, mais la chasse au dindon est une autre réalité. Durant l’entièreté de ma chasse 2021, je me suis levée aux environs de 3h du matin afin de me préparer (maquillage, habillement, stratégie, équipement) et d’être prête à quitter tôt pour le secteur de chasse choisi.

La clé de l’aménagement de son site de chasse au dindon est d’arriver à la noirceur pour s’installer de manière incognito (appelants, tente, caméras et autres). Évidemment, le couvre-feu de cette année représente un défi de taille, et heureusement, nous avions des ententes avec des d’agriculteurs afin de contrôler des populations, ce qui nous a permis de sillonner nos champs très tôt.

Arrivés sur place, dans la noirceur quasi totale, nous avons installé nos appelants (faux dindons) selon un scénario établi en fonction de la prospection de la veille. Mon guide m’avait informé le soir précédent que des dindons avaient été aperçus dans le secteur et que c'étaient de jeunes mâles (jake). Dans ce contexte, nous avons opté pour un scénario conservateur, soit deux femelles et un jeune mâle.

Après un lever de soleil plutôt calme et un début de matinée sans réponse à nos appels, nous avons été surpris de voir apparaître au loin un beau Tom (mâle dindon adulte) qui se dirigeait droit vers nous. Loin d’être pressé, ce dernier avançait tranquillement sans bruit dans notre direction avant de débuter le plus beau spectacle auditif de ma vie!

Il s’avère extrêmement difficile pour moi de vous décrire le glougloutement d’un dindon mâle (aussi appelé gobble en anglais), surtout vécu in situ. Il s’agit d’un bruit intense, fort et profond. Je me rappelle encore d’avoir senti des frissons parcourir l’ensemble de mon corps suite au premier appel. Il y a quelque chose de beau, d’ancien et d’extrêmement viscéral à cet appel qui fait vibrer l’ensemble de l’air matinal. C’est un moment unique qui restera gravé dans mon cœur à tout jamais.

C’est donc avec des appels incessants et forts que notre gibier avançait avec assurance vers notre emplacement, parcourant ainsi rapidement les centaines de mètres qui nous séparaient… 100, 80, 50, 45 mètres, puis... plus rien.

Je perds soudainement complètement de vue le Tom...ce dernier bifurque de manière assurée sur ma droite, coupant ma ligne de tir puisqu’il se retrouve désormais derrière le panneau de tissus situé au coin de la tente. Je ne peux plus tirer et un déplacement vers ma droite risque de me faire repérer.

C’est donc avec une immense déception que je demande à mon guide de tenter le tir à ma place….lui qui est situé derrière moi, en retrait et à l’ombre (il possède encore 1 permis). Malheureusement, le dindon est plus rapide que nous et esquive le tir de manière étonnement gracieuse pour une bête aussi grosse. Mon beau dindon s’envole avec agilité dans le ciel… et malheureusement avec lui ma seule opportunité de tir en 3 semaines de chasse.

Malgré cette grande déception, je suis retournée 5 autres fois pour tenter ma chance. Chaque sortie m’a amené à observer de loin et parfois de très près la vie et le comportement de ces bêtes fascinantes.

Au total, j’aurai passé 42 heures à surveiller cet oiseau préhistorique et j’aurai aperçu 20 dindons, dont 2 toms, 6 jakes et 12 dindes.

Malgré l’absence de récolte, ma première expérience au dindon fut incroyable et m’aura fait vivre des émotions uniques. Cette chasse est définitivement dans mes coups de cœur et prendra assurément une place importante dans les prochaines saisons.

Maintenant, rangeons le calibre 12 et les appeaux afin de préparer ma prochaine initiation qui risque, elle aussi, de rester longtemps gravée dans ma mémoire….

Ma première chasse à l’ours !

À propos de Jade Cabana La chasseuse urbaine

Jade est une passionnée de chasse, de nature et de gastronomie. Sa passion l'amène à poursuivre le lièvre et la perdrix, automne comme hiver, à attendre patiemment l'original et le chevreuil en octobre et novembre et à partager cet amour autour de bons repas. Vous pouvez suivre ses aventures sur Facebook et sur Instagram !

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