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Publié le 15 juillet 2019

215 km de randonnée à Terre-Neuve-et-Labrador

Par Magasin Latulippe

Forts de l'expérience acquise lors de notre traversée des monts Chic-Chocs dans le Parc national de la Gaspésie, mon ami et moi, deux passionnés de longue randonnée, étions à la recherche d'un nouveau défi. Après quelques recherches, notre regard s'est tourné vers le Sentier de la Côte Est (East Coast Trail), situé dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, une région méconnue sur laquelle nous avons lu et entendu plusieurs commentaires élogieux.

Le point de départ

Notre périple débute dans le petit village de Cappahayden situé au sud de la péninsule d’Avalon, à environ une heure et demi de route de la capitale, St. John’s. Nous avons en notre possession nos sacs à dos remplis à craquer d’équipement que nous porterons sur chacun des 215 kilomètres qui nous séparent de St. John’s, notre point d’arrivée. Le soleil est radieux et la température est idéale pour marcher.

Sans plus attendre, nous nous engageons sur le Sentier de la Côte Est, constitué de plus de 300 kilomètres de pistes de randonnée qui longent l’océan Atlantique à travers la forêt dense, les plaines herbeuses et les petits villages côtiers qui semblent posséder les charmes d’une autre époque.

La première journée de marche tire à sa fin et nous sommes à la recherche d’un site pour installer nos tentes. Nous passons à proximité d’un phare qui ferait un bon rempart contre le vent, mais l’idée d’une nuit brumeuse qui déclencherait le chant assourdissant de la corne de brume nous incite à nous en éloigner le plus possible. Nous arrivons finalement sur un petit site dégagé qui est parfait pour camper. La vue sur l’océan qui change de teinte au gré du soleil couchant est magnifique.

Un réveil inattendu

Vers minuit, des cris rauques provenant de la forêt située à une cinquantaine de mètres de notre campement interrompent notre sommeil. Il s’agit des cris d’alerte d’un renard, probablement agacé de constater cette présence inhabituelle sur son territoire. Il continuera à nous témoigner son mécontentement pendant plus d’une heure. Finalement, le sommeil aurait peut-être été plus réparateur à côté du phare.

Nous nous levons tôt, faisons le plein de calories pour pouvoir marcher quelques heures jusqu’au dîner, puis nous rangeons tout notre matériel dans notre sac à dos pour finalement repartir. Ce sera notre quotidien pour les dix prochaines journées : marcher une vingtaine de kilomètres par jour en ne nous arrêtant que pour manger, pour dormir et, surtout, pour contempler la beauté des paysages qui se bousculent sur notre chemin. Il s’agit d’une brisure radicale avec nos modes de vie habituels. Sur le sentier, un rythme nouveau s’impose peu à peu. À la fois déconcertant et familier, ce rythme semble ressurgir dans nos esprits à la manière d’un souvenir longtemps endormi.

Village coup de coeur : Ferryland

Après quelques jours de marche, nous atteignons le merveilleux petit village historique de Ferryland, un lieu chargé d'histoire. Sa fondation officielle remonte à 1620, mais des pêcheurs français, espagnols et portugais ont longtemps utilisé l’endroit comme port de relais au 16e siècle.

Il est d’ailleurs possible de visiter des vestiges qui datent de cette époque. On peut aussi emprunter une petite section secondaire du sentier pour atteindre le phare de Ferryland, puis revenir sur nos pas pour retrouver le sentier principal.

À quoi s'attendre sur le Sentier de la Côte Est

Pratiquement chaque section du sentier traverse un village. Les occasions pour se ravitailler dans les petits marchés locaux sont donc nombreuses. Il est également possible de passer la nuit dans des auberges de type bed & breakfast lorsque les éléments se déchaînent et que l’idée d’installer un campement sous la pluie, le vent et le froid s’avère peu invitante, même pour les plus braves. Cette longue randonnée exige une bonne préparation physique et mentale, car plusieurs parties du sentier sont fortement accidentées et parsemées de rochers, de racines et de boue. Le dénivelé est important et les montées abruptes sont fréquentes. Il faut donc, plusieurs mois avant d'entreprendre l'expédition, enfiler un sac à dos rempli d'équipement et aller marcher dès que l'occasion se présente, idéalement plusieurs fois par semaine.

La section de Cape Broyle s'est avérée particulièrement difficile. Il s'agit d'une des sections avec le plus fort dénivelé et le sentier n'est pas très bien aménagé. Il faut être particulièrement prudent, garder les yeux au sol et rester concentré à chacun de nos pas. Tous ces efforts sont toutefois récompensés avec de superbes points de vue sur l'eau cristalline de l'océan et les falaises rocheuses.


Plusieurs curiosités géologiques fascinantes, forgées au fil du temps par l'érosion, émergent tour à tour sur le parcours. Comme une image vaut mille mots, en voici quelques-unes :

Nous marchons une vingtaine de kilomètres en moyenne à chaque jour vers le nord. Nous nous approchons de notre but au fur et à mesure que se succèdent sous nos pas et devant nos yeux les sentiers forestiers paisibles, les collines ocres où pousse une végétation timide et les villages côtiers sur lesquels soufflent en permanence un vent amplifié par les corridors des baies. Les sections routières ne sont pas officiellement comptées dans la distance totale du sentier. Elles sont pourtant nombreuses et parfois éprouvantes. Un kilomètre de marche sur l'asphalte semble mettre à l'épreuve nos pieds comme cinq en forêt. Nous ferons toutefois rapidement connaissance avec l'hospitalité et la générosité des habitants qui, en nous voyant marcher sur l'accotement de la route avec nos énormes sacs à dos, seront nombreux à nous offrir d'aller nous reconduire jusqu'à l'entrée de la section de sentier suivante, quelques kilomètres plus loin.

Jusqu'au bout du continent

Un lieu d'attrait touristique bien connu est le cap d'Espoir, qui est le point situé le plus à l'est de l'Amérique de Nord et où se rend le sentier. Une fois arrivés, nous prenons une pause bien méritée tout en étant les deux seules personnes situées à l'extrémité du continent.

Nous en sommes à notre dernière journée et St. John's n'est plus très loin. Nous avons hâte d'y arriver car la fatigue commence à se faire sentir et nos réserves de nourriture sont pratiquement épuisées. L'idée d'un repas copieux dans l'un des nombreux pubs de la capitale nous fait déjà rêver. Il s'agira d'une longue journée de près de 30 kilomètres de marche au bout desquels surgissent les forts Amherst et Signal Hill sur les hautes collines qui bordent l'entrée de la baie. 11 jours et 215 kilomètres plus tard, après un périple absolument mémorable, nous retrouvons les maisons colorées de St. John's et ses rues animées.

Avec une préparation adéquate, tant sur le plan de la condition physique que de l'équipement, le Sentier de la Côte Est fera vivre à celui qui s'y aventure une expérience à la fois grandiose, dépaysante et inoubliable. L'endurance du randonneur sera mises à l'épreuve, mais des souvenirs précieux resteront gravés dans sa mémoire à jamais. Croyez-moi, ce coin de pays mérite d'être découvert. Bonne expédition!

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