Nous vivons dans un monde obsédé par la performance. Y compris celle de nos enfants. Dès le plus jeune âge, sous prétexte de vouloir le meilleur pour eux, nous remplissons leur agenda de mille activités sportives et intellectuelles.
L’été? Pour plusieurs, il s’agit d’une continuité du reste de l’année. Pour d’autres, d’une pause providentielle. Les plus chanceux déguerpissent au camp. Là, ils apprendront quelque chose de merveilleux. Ça ne se note pas. Ça n’aide pas à entrer en médecine à l’université. Mais ça aide à vivre, par contre.
Ce n’est pas qu’une impression, c’est même largement documenté, les enfants jouent de moins en moins à l’extérieur. Comme ils grandissent le plus souvent dans des banlieues et des villes où ils ont peu l’occasion d’être en contact avec la nature, plusieurs ignorent le bonheur de s’y retrouver.
Ceux qui ont fréquenté des camps d’été savent parfaitement de quoi il est question. Nos mémoires sont encore marquées par les longues randonnées en forêt, la vue d’un orignal qui nage à quelques mètres de notre canot, les nuits passées à la belle étoile, dans le silence que seuls le crépitement du feu et le chant à la fois doux et lugubre du hibou viennent rompre.
Autre fait documenté : les enfants qui jouent dehors ont plus de chances de maintenir une bonne santé mentale. Les adultes aussi, d’ailleurs. Les recherches ont même montré que le jeu libre à l’extérieur aide à pallier plusieurs troubles de l’attention, comme le TDAH.
Envoyer ses enfants au camp, c’est leur donner le goût de la nature, du grand air, du sport dehors, d’activités qui viendront ensuite ponctuer leur existence professionnelle afin d’aérer leur horaire et leur cerveau.
Pas de téléphone. Pas de tablette. Pas de console de jeux. Le camp d’été renvoie nos enfants à la préhistoire, si on se fie à leur conception du temps et de la technologie. Et c’est peut-être la plus grande faveur qu’on peut leur faire : leur montrer qu’il existe autre chose que la stimulation permanente des sens à laquelle nous sommes habitués.
Malgré les nombreuses activités du camp demeurent de longues plages de temps où ils pourront jouer aux cartes, lire, écrire, gosser un bout de bois ou simplement parler avec leurs nouveaux amis. Et peut-être même fomenter quelques coups pendables. Ce qui nous amène au point suivant.
Au camp, il n’y a pas vraiment de but. Peut-être un badge à obtenir ici et là. Mais si on construit un abri, c’est pour le plaisir de le faire. Si on apprend à faire un sauna à la manière des Premières Nations, c’est pour le simple plaisir de l’utiliser ensuite. Si on part faire cinq jours de canot, c’est pour faire du canot.
Souvent, on est laissé à soi-même. Il faut trouver des solutions à des petits problèmes quotidiens. Qu’il s’agisse de réparer de l’équipement de campement, de rafistoler un objet, de trouver une tactique pour tenter de remporter la victoire à un jeu de groupe, ou pour intégrer une nouvelle bande d’amis.
En dehors de sa zone de confort, loin de la protection de la maison et des parents, on apprend à s’amuser et à se débrouiller avec son imagination.
Chaque jour, au camp, une nouveauté survient au détour d’une activité. On doit manipuler une pagaie, esquimauter un kayak, perfectionner son dos crawlé, jouer au poker le soir avec des cailloux comme unique monnaie ou cuisiner de la nourriture lyophilisée, sous la pluie, à l’aide d’un brûleur remontant à l’époque des six clubs.
Personne ne nous impose d’apprendre ces choses. Elles s’imposent par nécessité. Et peu à peu, la fierté d’avoir surmonté les obstacles et de maîtriser une nouvelle compétence nous habite, et nous fait grandir.
Toute l’année d’après, on se rend compte que ce sont ces choses dont on parle et qui constituent la matière de nos récits. Ce sont ces expériences qui se fixent dans notre mémoire.
Sans le savoir, on apprend le bonheur d’avoir appris quelque chose.
Enfin, être deux semaines, voire quatre, voire plus encore loin de chez soi, sans la possibilité de butiner entre un jeu vidéo et un réseau social, c’est être souvent confronté à ses propres pensées. Tous les experts en santé mentale vous le diront : se comprendre et s’endurer constitue une compétence nécessaire afin d’être heureux.
Quant aux autres, leur présence nous est imposée. Vingt-quatre heures par jour. Voilà l’occasion d’apprendre à composer avec des personnalités incompatibles avec la nôtre, et ce, autrement que dans le conflit. Entre autres en développant une certaine empathie à leur contact.
C’est le début de la vie en société, de la vie intérieure. Le camp, c’est l’école de plein de choses. Peut-être même le plus grand pourvoyeur de leçons pour se débrouiller, et le meilleur moyen de reconnaître quelques-uns des ingrédients secrets de la recette du bonheur.
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