Pour multiplier vos chances de récolter des poulamons ou "petits poissons des chenaux", dans la rivière Sainte-Anne, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, allez-y durant la nuit, au milieu de la semaine, entre le 15 janvier et le 1er février, surtout lorsque la marée monte durant la nuit. C'est prouvé scientifiquement!
En effet, pendant deux ans, durant les hivers 1993-1994 et 1994-1995, Normand Bergeron, professeur à l'Institut national de recherche scientifique (INRS-Géoressources), a réalisé une étude à ce sujet-là, qui a confirmé des hypothèses émises en 1979 par des biologistes du gouvernement québécois.
Les poulamons attendent la marée montante pour pénétrer dans la Sainte-Anne, parce que des bancs de sable en obstruent l'embouchure. A marée basse, le niveau de l'eau parvient à peine à submerger ces bancs de sable et le courant s'accentue lorsque l'eau passe dans certains passages restreints entre les bancs de sable. Les poulamons doivent tenter de trouver les courants les moins violents dans ce labyrinthe de corridors entre les bancs, sous le couvert de glace. L'accélération du courant, quand la marée baisse, a donc pour effet de limiter la migration des poulamons vers leurs frayères situées en amont; les poulamons attendent que la marée commence à monter pour entrer en masse dans la Sainte-Anne. Le niveau d'eau plus élevé et le débit ralenti, lorsque la marée monte, donnent plus de chances aux poulamons de trouver leur chemin... et aux pêcheurs de récolter plus de poissons en migration!
En 1979, les biologistes du gouvernement québécois avaient aussi souligné que les prises des pêcheurs sportifs étaient plus nombreuses durant la nuit que durant le jour, surtout lorsque la marée montait. Ils avaient aussi souligné que la pêche était meilleure en semaine que durant les samedis et dimanches. Ils ont alors émis l'hypothèse que l'augmentation du nombre des pêcheurs et de la circulation des véhicules sur la glace de la Sainte-Anne, le jour et durant les fins de semaine, contribuait à effrayer les poulamons et les rendait moins "mordeurs".
Autre constatation significative des biologistes: les pêcheurs capturent plus de poulamons entre le 15 janvier et le 1er février de chaque année. À la mi-janvier, la majorité des poulamons ont déjà pénétré dans la rivière pour s'y reproduire et, après le 1er février, seulement les derniers arrivés s'attarderaient dans la Sainte-Anne. Le biologiste Yves Mailhot, du ministère de l'Environnement et de la Faune à Trois-Rivières, croit que 70% à 75% des poulamons mordent lorsqu'ils quittent la rivière, après avoir frayé.
À propos de André-A. Bellemare
Chroniqueur de chasse et pêche depuis 40 ans.
André-A. Bellemare participe à Latulippe.com depuis 1996. À ce jour, il a rédigé plus de 400 chroniques pour Latulippe.com Bien informé sur l'actualité du plein air au Québec, il vous offre sa science, son expérience, son vécu et ses opinions.
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